L'ALMÉE ET L'ÉQUIPAGE DE VAURÉAL
En 1895, les héritiers de Monsieur Boussod cèdent le château de Vauréal à Mademoiselle Heintz. La propriété comprend alors un vaste parc et des jardins d’environ 30 hectares. Dès 1896, la nouvelle propriétaire étend le domaine par l’achat de terrains attenants et y fait aménager une ferme. Une majestueuse allée de platanes, aux dimensions irrégulières mais souvent impressionnantes, relie la chapelle à l’extrémité sud du parc, jusqu’aux rives de l’Oise. À la mort de Mademoiselle Heintz, le château revient à son légataire, Henri Menier, qui en devient propriétaire en 1907. Henri Menier s’était déjà illustré en 1895 par l’acquisition de l’île d’Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent, au Canada. Cette possession lui valut un long procès face au gouvernement britannique, qui revendiquait l’île pour son intérêt stratégique. Menier remporta l’affaire et conserva l’île. Lors de ses séjours à Anticosti, il rapportait à Vauréal des animaux sauvages: phoques, ours et renards, pour lesquels il fit aménager un petit jardin zoologique. Sur l’Oise stationnait également l’un de ses yachts, L’Aimée, armé d’un équipage de douze marins, capitaine, cuisinier et mousse compris, vêtus d’un uniforme inspiré de celui de la marine d’État. Le château devenait ainsi un lieu singulier, reflet du mode de vie fastueux de son propriétaire.

Le château de Vauréal:
Henri Menier décède à l’âge de 60 ans dans la nuit d’un vendredi, au château de Vauréal, le 6 septembre 1913. Quelques mois plus tôt, en février, il avait contracté une congestion pulmonaire au cours d’une croisière. Son état de santé s’était rapidement aggravé, la maladie se compliquant d’une crise aiguë de diabète, puis d’une phtisie galopante. Commandeur de la Légion d’honneur, il disparaît plus de treize ans après son frère Albert. Dans un premier temps héritière de l’île d’Anticosti, Thyra Seillière renonce finalement à ses droits sous la pression familiale et se désiste en faveur de Gaston Menier. Les obsèques d’Henri Menier ont lieu au cimetière du Père-Lachaise, où plusieurs discours sont prononcés, notamment par MM. Sabatier, secrétaire général des Établissements Menier, Bordenave, ingénieur directeur de l’usine de Noisiel, et Evillot, maire de Villers-Cotterêts.
Le 5 mars suivant, à la Galerie Georges-Petit, Maître Henri Baudoin procède à la dispersion de l’importante collection d’objets d’art et de mobilier ayant appartenu à Henri Menier. Sont alors mis en vente les biens provenant du château de Vauréal, de l’hôtel de la rue Copernic et de celui de la rue Alfred-de-Vigny. Le mobilier du château de Chenonceau, en revanche, est conservé dans son intégralité par Gaston Menier. Dès 1914, le château de Vauréal entre dans une nouvelle phase de son histoire avec son acquisition par Monsieur Henri Daydé.

Hervé
CLECH Capitaine sur l'Almée
"Trop fréquemment empêché de disposer du temps nécessaire au longs voyages, et cependant hanté autant qu'au premier jour du noble besoin de naviguer, Henri Menier a voulu pouvoir utiliser les loisirs de courte durée pour concevoir et dessiner jusqu'en ses moindres détails un yacht de rivière digne de lui. Pour la construction, il ne s'en est rapporté qu'a lui-même ; il a loué un chantier abandonné, à Argenteuil, et pendant l'année 1888, dirigeant et surveillant ses ouvriers, a conduit sans intermédiaire les travaux dont le résultat a été la mise à l'eau d'un yacht qui est la perfection idéale comme élégance, comme confort, comme fini, comme solidité, comme qualités nautiques, comme supériorité et ingéniosité de machines."

L'Almée à
quai à Vauréal
"L'Almée, oeuvre entièrement personnelle de son armateur, qui en a créé et dessiné seul tous les plans de coque, de machines et l'aménagements, est un steam-yacht de 100tx, construit en acier galvanisé, possédant deux machines développant ensemble 500 chevaux et actionnant deux hélices. Ces deux machines sont complètement distinctes, les chaudières, propulseurs et tous les auxiliaires existant en double, peuvent marcher indépendamment les uns des autres de manière qu'une avarie quelconque survenant ne puisse arrêter la marche du bateau. Tout y est compris, prévu et exécuté. L'Almée n'est pas simplement un beau et bon yacht : il constitue à la fois une oeuvre savante et une oeuvre d'art. Elle fait autant d'honneur au yachting français tout entier qu'à celui qui en est l'exclusif auteur."

L'Almée

L'équipage
à Vauréal

Habitations
des marins à Vauréal

Habitations
des marins à Vauréal

L'Almée
Habitations des marins à Vauréal
Sources:
